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Le Canada durcit son système : les universités prennent une place croissante parmi les étudiants internationaux

Le Canada durcit son système : les universités prennent une place croissante parmi les étudiants internationaux

Le Canada a profondément modifié son système destiné aux étudiants internationaux. Les nouvelles mesures mises en place par le gouvernement fédéral ont entraîné une forte baisse du nombre de titulaires de permis d’études, mais elles ont également changé la répartition des étudiants entre les différents établissements d’enseignement.

Les données récentes d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) montrent notamment que les universités occupent désormais une place plus importante, tandis que la part des collèges a nettement diminué.

Cette évolution intervient après plusieurs réformes visant à réduire le nombre de nouveaux étudiants internationaux et à renforcer les règles encadrant les permis d’études.

Le nombre d’étudiants internationaux diminue fortement

À la fin de 2025, le Canada comptait environ 691 215 titulaires d’un permis d’études, contre 928 430 à la fin de 2024.

Cela représente une diminution de 29 % en un an.

Le nombre de nouveaux étudiants internationaux a également fortement reculé. Selon le document de transition publié par l’IRCC, le Canada a accueilli environ 61 % de nouveaux étudiants internationaux en moins en 2025 par rapport à 2024, soit une baisse estimée à environ 177 595 étudiants.

Des chiffres présentés au Parlement en avril indiquaient de leur côté qu’environ 115 385 nouveaux étudiants internationaux étaient arrivés au Canada en 2025.

Cette diminution résulte notamment de la volonté du gouvernement fédéral de limiter la croissance du nombre d’étudiants internationaux après l’augmentation rapide des inscriptions observée à la suite de la pandémie de COVID-19.

En janvier 2024, Ottawa a instauré un plafond concernant la plupart des nouvelles demandes de permis d’études pour les établissements postsecondaires. D’autres restrictions ont ensuite été ajoutées.

Pour 2026, l’IRCC prévoit de délivrer jusqu’à 408 000 permis d’études, dont jusqu’à 155 000 permis pour les nouveaux étudiants arrivant au Canada et 253 000 prolongations destinées aux étudiants déjà présents ou revenant au pays.

Les universités gagnent du terrain face aux collèges

La baisse du nombre d’étudiants internationaux n’est pas le seul changement observé.

La répartition des étudiants entre les différents types d’établissements a également évolué.

Selon l’IRCC, les étudiants inscrits dans les universités représentent désormais environ 40 % de la population étudiante internationale, une proportion qui se rapproche de celle observée avant la pandémie.

Les grandes universités de recherche sont également devenues les principaux bénéficiaires des permis d’études.

Les données concernant les établissements publics illustrent clairement cette évolution.

En 2023, les collèges représentaient 54 % des titulaires de permis d’études inscrits dans des établissements publics, contre 44 % pour les universités.

Au 28 février 2026, la situation était inversée : les universités représentaient 57 %, contre 39 % pour les collèges.

Les données de 2026 sont toutefois préliminaires et couvrent uniquement la période allant jusqu’au 28 février. Elles ne peuvent donc pas être comparées directement à des données couvrant une année civile complète.

Elles confirment néanmoins la tendance générale observée par l’IRCC : le système canadien de l’éducation internationale s’éloigne progressivement du modèle reposant fortement sur les collèges.

Pourquoi le Canada mise davantage sur les universités et les étudiants diplômés ?

Le gouvernement fédéral présente cette nouvelle orientation comme une politique privilégiant la « qualité plutôt que la quantité ».

Ottawa souhaite notamment augmenter la proportion d’étudiants internationaux qui se dirigent vers les universités et renforcer l’attractivité du Canada auprès des étudiants diplômés hautement qualifiés.

Plusieurs mesures concernent directement les étudiants en maîtrise et au doctorat.

Les étudiants inscrits à des programmes de maîtrise ou de doctorat dans des établissements d’enseignement désignés publics ne sont plus tenus de fournir une lettre d’attestation provinciale ou territoriale.

L’IRCC a également mis en place un traitement plus rapide pour les étudiants au doctorat ainsi que pour les membres de leur famille qui les accompagnent.

Selon le ministère, 96 % des demandes de doctorat ne nécessitant pas de contrôle de sécurité supplémentaire sont finalisées en moyenne en deux jours. Pour les dossiers plus complexes, le délai moyen indiqué est de neuf jours.

Ces mesures contrastent avec les restrictions plus importantes appliquées à d’autres catégories d’étudiants internationaux.

Des règles plus strictes pour obtenir un permis d’études

Depuis la fin de 2023, le Canada a introduit plusieurs changements importants dans son système de permis d’études.

Le gouvernement a notamment augmenté les exigences financières imposées aux demandeurs, instauré un plafond sur les permis d’études et modifié les conditions d’accès au permis de travail postdiplôme.

Le Canada a également supprimé le Student Direct Stream, renforcé les obligations de conformité des établissements d’enseignement désignés et introduit de nouvelles règles concernant le changement d’établissement.

Dans la plupart des situations, les étudiants doivent désormais obtenir un nouveau permis d’études avant de changer d’établissement.

Les étudiants internationaux admissibles peuvent travailler jusqu’à 24 heures par semaine hors campus pendant les périodes régulières de cours.

Selon le gouvernement, ces réformes visent notamment à réduire la pression exercée sur le logement et les services, à mieux protéger les étudiants internationaux contre l’exploitation et à renforcer l’intégrité du système d’immigration.

Le taux de refus des permis d’études augmente

La réduction du nombre d’étudiants internationaux s’accompagne également d'une hausse du taux de refus des nouvelles demandes de permis d’études.

D’après les données de l’IRCC, le taux de refus a atteint 59 % entre janvier et décembre 2025, contre 52 % en 2024.

Les candidats qui souhaitent étudier au Canada évoluent donc dans un environnement différent de celui qui existait avant les principales réformes fédérales.

Ils doivent notamment obtenir une admission auprès d’un établissement d’enseignement désigné et démontrer qu’ils remplissent les exigences financières et migratoires applicables.

Pour de nombreux candidats, une lettre d’attestation provinciale ou territoriale est également nécessaire.

Le Canada renforce les contrôles contre la fraude

L’intégrité du programme constitue désormais un autre volet important des réformes.

L’IRCC a notamment mis en place un système de vérification des lettres d’acceptation après l’apparition de préoccupations concernant les documents d’admission frauduleux.

Les établissements d’enseignement désignés doivent vérifier les lettres d’acceptation utilisées dans les demandes de permis d’études.

Le gouvernement fédéral a également renforcé le suivi de l’inscription et de la poursuite des études des étudiants internationaux dans leur établissement désigné.

À l’automne 2025, 587 établissements sur 656 établissements d’enseignement désignés sollicités ont transmis des informations sur les inscriptions à l’IRCC.

Ces établissements ont fourni des données concernant 454 667 étudiants internationaux.

Environ 90 % d’entre eux ont été considérés comme probablement conformes. À l’inverse, environ 38 394 étudiants, soit 8 %, ont été signalés comme potentiellement non conformes.

L’IRCC précise toutefois qu’un signalement ne signifie pas qu’un étudiant a effectivement enfreint les règles. Des vérifications supplémentaires sont nécessaires avant de conclure à une situation de non-conformité.

Un système étudiant canadien désormais très différent

Les données récentes montrent que les réformes canadiennes ne se limitent pas à réduire le nombre de demandes de permis d’études.

Elles transforment également la structure du système.

Le nombre de nouveaux étudiants internationaux a diminué, le taux de refus des demandes a augmenté et le nombre total de titulaires de permis d’études a fortement reculé.

Dans le même temps, les universités représentent désormais une part beaucoup plus importante des titulaires de permis d’études dans les établissements publics, tandis que la proportion des collèges a diminué.

Le Canada a également instauré des mesures spécifiques pour les étudiants en maîtrise et au doctorat, dans le cadre de sa volonté d'attirer davantage de talents internationaux hautement qualifiés.

Pour les personnes qui envisagent des études au Canada, le système des étudiants internationaux en 2026 présente donc des règles et des conditions sensiblement différentes de celles qui existaient quelques années auparavant.

Questions fréquentes

Combien d’étudiants internationaux se trouvent au Canada ?

Selon l’IRCC, environ 691 215 titulaires d’un permis d’études se trouvaient au Canada à la fin de 2025, contre 928 430 à la fin de 2024.

Les universités accueillent-elles désormais davantage d’étudiants internationaux que les collèges ?

Les universités représentent désormais une part plus importante des titulaires de permis d’études inscrits dans les établissements publics. Au 28 février 2026, elles représentaient 57 %, contre 39 % pour les collèges. En 2023, les collèges représentaient encore la part la plus importante.

Combien de nouveaux étudiants internationaux le Canada prévoit-il d’accueillir en 2026 ?

Le plan pour 2026 prévoit jusqu’à 155 000 nouveaux étudiants internationaux. Au total, l’IRCC prévoit jusqu’à 408 000 permis d’études, en incluant les prolongations destinées aux étudiants déjà présents ou revenant au Canada.

Pourquoi le Canada réduit-il le nombre d’étudiants internationaux ?

Le gouvernement fédéral affirme que la forte croissance du nombre d’étudiants internationaux a entraîné des préoccupations concernant le logement, les services, la vulnérabilité des étudiants et l’intégrité du programme. Il a donc instauré un plafond et plusieurs autres restrictions.

Les étudiants en maîtrise et au doctorat sont-ils concernés par le plafond des permis d’études ?

Les étudiants qui s’inscrivent à des programmes de maîtrise ou de doctorat dans des établissements publics désignés n’ont pas besoin de fournir une lettre d’attestation provinciale ou territoriale. Le Canada a également mis en place un traitement plus rapide pour les étudiants au doctorat et les membres de leur famille qui les accompagnent.

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